Evolution du Comité Ukraine 33

Sunday 11 January 2004.
 

A partir de 1992, quand les membres du Comité purent se rendre facilement en UKRAINE, il apparut très vite que l’urgence n’était pas que notre histoire ait été falsifiée si longtemps : en 1986 , TCHERNOBYL ( croisant sur le calendrier le souvenir des victimes d’Arménie ) avait laissé des séquelles physiques et morales, qui ne peuvent pas être encore « quantifiées » et « prévisibles » à ce jour.

Le COMITÉ fut « entraîné » dans un vaste mouvement d’AIDE dans lequel on vit de TOUT : du désintéressement, de la générosité, la création d’innombrables associations sur toute l’EUROPE et bien au delà.... et aussi l’exploitation juteuse de ce malheur à tous les niveaux de la Société ukrainienne et ailleurs...

Où qu’on aille , on pouvait voir dans les hôpitaux, les internats d’enfants, les maisons pour personnes âgées, les dispensaires... un manque évident de l’INDISPENSABLE.

Bien sûr UKRAINE 33 a très vite évolué vers ce qu’on peut appeler l’Humanitaire : essayer d’être une aide efficace, ou parfois seulement une « passerelle » de rencontre Ukraine - France.

Une des actions les plus « efficaces » a été l’obtention d’une prise en charge de l’ETAT FRANÇAIS de tous les soins de Kateryna Kravtchouk (de Loutsk) pour la maladie de Hodgkins, (décelée pendant sa seconde grossesse) et dont le fils ainé a vu le jour dans la « Zone TCHERNOBYL » où Katya était en poste à l’époque.

Cette prise en charge peut être évaluée à 1.500.000 F. et Katya a été prise en soins en 1998 au Centre Léon Bérard de Lyon - Elle revient environ 3 à 4 fois par an et en Octobre 2001, elle devrait être opérée. Elle est la seule de sa région ( la Volynie ) a avoir survécu depuis début 97 (date de ses premiers soins en Ukraine ).

Actuellement, Kateryna KRAVTCHOUK est en France, pour la 14e fois; l’opération qu’elle va subir devrait mettre fin à la pénible parenthèse que lui a imposé sa maladie ; elle devrait retourner GUÉRIE auprès de sa famille. Ce cas est exceptionnel à bien des égards, c’est pourquoi il a été décidé de faire venir des médecins en stage à LYON (de préférence des cancérologues médecins ou chirurgiens) en vue de stages de connaissance des moyens de soins plus avancés ; ainsi, beaucoup plus de malades en UKRAINE en seront bénéficiaires. Plusieurs médecins sont venus, ou sont présents ici, et d’autres viendront l’an prochain . Un problème de taille : les bourses accordées par l’Ambassade de France ( Via EGIDE) ne sont que de 3 mois, et les spécialistes (de renommée mondiale souvent) de LYON invitent leurs jeunes confrères pour 1 an et plus.... alors il faut trouver une côte mal taillée : un logement gratuit( ???) permet de faire durer le revenu journalier normal, sur 6 mois maximum...il faut se nourrir, emprunter les transports - ( ce qui est un peu douloureux, c’est de constater que de tous les stagiaires étrangers que nous avons rencontrés, les Ukrainiens sont les seuls à avoir une bourse si « modeste ») Espérons qu’avec le temps, et des moyens plus importants pour l’apprentissage du français en UKRAINE, les étudiants et médecins obtiendront des aides matérielles comparables aux autres pays d’EUROPE ... Bien sur, il existe des partenariats entre grandes écoles françaises et leurs homologues ukrainiennes ; là, il faut constater que les grandes villes sont privilégiées : KYïV, DNIPROPETROVSK, KHARKIV. Donc il y a un important travail de prise de contacts et d’aide pour les présentations de dossiers. Sur LYON, nous attendons avec impatience que se réalise ( ENFIN ) après tant d’années d’espoir, le jumelage LYON-LVIV qui donnerait plus qu’une bouffée d’oxygène à la GALICIE, LA VOLYNIE, les CARPATHES, dans tous les domaines.

Tout cela en espérant un élargissement des possibilités des relations France-UKRAINE. Il y a encore énormément à faire dans le domaine de l’information, de la prise de conscience. Les journées de l’UKRAINE en France, en 1999, ont été globalement un exemple de ce qui ne doit pas se reproduire ! Cette année, il n’est plus possible de rencontrer dans les Ministères une seule personne ayant pris part à cette sorte de « fiasco ». Il y a en UKRAINE assez d’artistes exceptionnels dans tous les domaines de l’ART. Il faut montrer les meilleurs, seulement les meilleurs ; pour cela il n’est pas besoin de budgets importants : seulement de bonne volonté et d’entraide. Sinon, les grands ensembles, les peintres, les sculpteurs continueront d’être pris en main par des gens (quelquefois sans aucun scrupule) et ils feront déverser une manne... sur ces organisateurs,( avec seulement la part congrue pour la partie ukrainienne). Le comité UKRAINE 33 se trouve souvent l’interlocuteur d’Ukrainiens en détresse (hôpitaux, police, administrations, etc. de familles disloquées par la guerre, de diverses demandes d’aide, de renseignements). Bien que ce ne soit pas vraiment le but premier du COMITÉ il faut « tout » essayer, et ne pas ignorer systématiquement la main qui se tend. Finalement en même temps que se rétablit tout doucement la Mémoire, et l’Histoire de notre pays, il faut, autant que possible préserver précieusement cet Avenir qui se construit tous les jours dans les petites et les grandes actions.

Ce qui nous serait nécessaire, pour être plus efficaces et parfois plus " rapides " fait l’objet de deux démarches différentes : l’une concerne le côté historique du COMITÉ UKRAINE 33 - Bien que l’information sur la FAMINE GÉNOCIDE semble prendre un peu plus d’importance, il nous faudrait plus de " spécialistes " réellement intéressés ou concernés par toutes les pages blanches ou erronées de notre Histoire. Donc des historiens, des journalistes, et ce que l’on nomme plus largement des " intellectuels "- Et puis des soutiens financiers.... Nous projetons de faire venir en début d’année un historien , écrivain, metteur en scène exceptionnel ( de KYIV ) pour présenter en France son film " l’HORREUR " (JAKH EN UKRAINIEN ). C’est une oeuvre qui n’a jamais été présentée hors d’UKRAINE, et qui est assez exceptionnelle... Du point de vue Humanitaire il y aurait beaucoup à dire ; en effet, dans ce domaine il semble nécessaire de penser en terme d’efficacité ; or, depuis la catastrophe de TCHERNOBYL beaucoup de bonnes volontés ont œuvré dans cette direction, plus particulièrement pour les enfants. Malheureusement, il y a eut beaucoup d’abus : d’énormes quantités de vêtements, nourriture, médicaments, etc. sont partis pour l’UKRAINE.

Sur place, faute de " contrôle " par des personnes de confiance , et compte tenu de la situation très difficile matériellement, ces marchandises se sont souvent retrouvées sur les marchés. Il y a eut des abus épouvantables les preuves ont été accumulées en haut lieu, mais il semble qu’aucun jugement n’ait jamais lieu. Il y a la question du " tourisme " pour enfants dits de TCHERNOBYL .toutes les Associations ont eu leur lot d’enfants d’origine bien plus aisée ( style Sponsors ) que les familles d’accueil, exigeants ,difficiles. Certaines ont pensé que c’était un "mal nécessaire " sans lequel il n’y aurait pas de visas, etc... Bien sur, il y a des Comités très sérieux en UKRAINE, mais qui sont exigeants vis à vis de la France ( par exemple se réservant le choix des enfants nécessiteux , demandant de ne pas reprendre les mêmes d’une année sur l’autre ) et ceci est fort mal vu parfois.

Il faut dire que ces mêmes Comités sérieux pensent qu’il n’est pas indispensable que les petits Ukrainiens aillent jusqu’en France , pour être bien nourris et respirer de l’air pur. Il ne manque pas de " sanatoriums " dans les CARPATHES et en bord de MER NOIRE ; il suffirait que les bienfaiteurs de France consentent à donner une part de ce qu’ils dépensent ( frais de voyage, dépenses de séjour, cadeaux, etc...) et se contentent de photos d’enfants ainsi " parrainés ". Il nous est arrivé d’avoir besoin de faire venir 1 enfant ( de la ZONE ) pour examens poussés ( croissance très ralentie, fatigue plus fréquente, gros problèmes de thyroide, d’estomac ) et nous avons dû nous " débrouiller " nous mêmes.

Concernant les stages de médecins ukrainiens en France, il faudrait qu’ils s’intensifient - surtout dans les spécialités en rapport avec les suites de TCHERNOBYL ( Finalement nous avons pu faire venir 14 médecins de toute l’UKRAINE , de différentes spécialisations - l’UKRAINE n’a pu leur accorder aucune aide alors que pour ces stages - minimum 6 mois, jusque 18 mois - il fallait que ces médecins aient un logement, se nourrissent, etc...). Le problème est dans la faible durée des bourses de stages accordées par la FRANCE ; le MINISTRE concerné prétend ne pouvoir faire mieux ; Il faudrait arriver à mobiliser des médecins et les prier d’appuyer la demande de Bourses médicales égales aux médecins d’autres pays ( par ex : ROUMANIE, IRAN : 1 an ) par leurs organisations. Bien entendu, après la " découverte " des techniques françaises dans les domaines tant médical que chirurgical, il faudrait arriver à obtenir un peu de matériel ( nous avons demandé l’an dernier au CIRC des pompes à extraction - pour les dons de sang, et les soins aux leucémiques- et un ordinateur réformé ) Après bien des démarches, nous avons obtenu 1 ordinateur en tout et pour tout, alors que des quantités vont à la casse et servent à faire le revêtement des autoroutes !!! Je précise que les pompes à extraction ne sont pas très volumineuses et d’usage courant ici. Nous ne pouvons que demander du matériel de faible volume car les douaniers ukrainiens manquent souvent de compréhension.

Donc arriver à sensibiliser les Directeurs des HOSPICES CIVILS sur le manque de matériel dans beaucoup d’hôpitaux ukrainiens. Certains Comités d’Aide Médicale prétendent aider les petits malades d’UKRAINE...

Quant nous avons parlé d’un hôpital pédiatrique de SAMBIR , où, pour la cardiologie, le seul instrument de diagnostic est le stéthoscope... il n’en a plus été question. Tous nous devons être vigilants pour que l’Aide Médicale France-UKRAINE se réalise dans la plus grande équité. Il nous est arrivé de fournir différentes demandes d’aide pour des unités chirurgicales à une organisation " fédératrice " qui prétendait avoir des crédits de l’Union Européenne ; curieusement elle s’est " évaporée " ( après avoir présenté " son " dossier ?)

Bien sur l’Ambassade d’UKRAINE est tenue au courant. Et puis, pour qu’un Comité fonctionne à plein il faut arriver à obtenir une subvention pour les frais de fonctionnement ( téléphone, ordinateur, fournitures diverses ). Pour l’instant ce n’est possible ni par le CONSEIL GÉNÉRAL, ni par le CONSEIL RÉGIONAL.

Pourtant le COMITÉ fait un travail important de " passerelle " bénévole, tout azimut .Alors, bien sur, il y a l’idée d’un Sponsor Généreux qui se proposerait, ou de " recruter " des membres qui accepteraient de payer une cotisation... Toute suggestion fera l’objet d’une examen bienveillant. Quant aux étudiants, ingénieurs de haut niveau(connaissant le français) qui souhaitent venir pour un mastère ( ou autre) il faut arriver à établir des contacts avec des Universités, Hautes Ecoles, qui acceptent des ukrainiens de toutes les régions. Il est dommage que tel établissement n’accueille que des étudiants de telle ou telle ville presque’exclusivement........

LYON 2000...BILAN NON EXHAUSTIF DE CE QUI A PU ÊTRE FAIT .

PS : 2016 KATERYNA KRAVTCHOUK est venu au moins 4 fois par an pendant 6 ans...et de complications en complications, pour la dernière fois, nous nous sommes chargés de son dernier voyage de retour ; elle a rendu l’âme dans les bras de son mari à LOUTSK.

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