Génocide Ukrainien : le HOLODOMOR par Radio Notre Dame (foto Nicolas WERTH LYON)

Monday 23 November 2009.
 

L’Holodomor

Dimanche 22 novembre a été célébrée, en la cathédrale Notre-Dame de Paris, une Divine Liturgie, une messe, en rite slavo-byzantin à la mémoire des victimes de la grande famine d’Ukraine. On commémorait donc le plus grand génocide qui ait été commis en 1932-33 par les Bolcheviques. On l’appelle Holodomor. En 19 mois, de 7 à 10 millions de personnes ont péri par la faim, décidée, programmée appliquée par la folie de Staline et d’un autre qui laissa un nom, Molotov.et Kaganovitch. Voilà à quoi aboutit l’idéologie, quand la raison, asservie à l’idéologie totalitaire, n’a plus pour but de servir l’homme mais de satisfaire les objectifs de l’Etat et du Parti.

Hélas, les Ukrainiens n’ont pas le monopole du génocide. Il y en eut d’autres, génocide arménien, génocide juif, génocide assyro-chaldéen, rwandais, etc... Je crois que l’Holodomor tient le pompon, si je puis dire, par l’ampleur : 7 à 10 millions de morts. Comment se fait-il qu’il y ait des génocides dont on parle et des génocides dont on ne parle pas ? Quel intérêt y a-t-il à en parler ?

D’abord, la famine ukrainienne a été soigneusement occultée par les soviétiques qui sont allés jusqu’au leurrer les visiteurs étrangers qui considèrent l’Ukraine comme le grenier à blé de l’Europe. Ce qu’il y a de diabolique dans cette horreur, c’est que les responsables se sont ingéniés à déclarer coupables les victimes selon la technique éprouvée des régimes communistes. La personne ne compte pas ; ce qui compte c’est ce que décide le parti pour mettre en route la nouvelle société. Par conséquent ceux qui, même s’ils ne s’opposent pas, n’atteignent pas les objectifs sont discrédités parce qu’ils ont un comportement anti parti. Cela génère un terrorisme tel que, par peur, les gens finissent par ne plus rien désirer de démocratie et de liberté pour s’éviter toute souffrance. A quoi bon ? Il faut donc rétablir la vérité. On le doit pour la mémoire des victimes. Il y a plus : à considérer le génocide juif, dont on parle, on voit bien que la dénonciation du crime contre le peuple juif a permis au peuple juif, pourtant dispersé sur toute la terre, une prise de conscience qui a renforcé son identité de peuple ayant sa place parmi les autres peuples. Autrement dit, avoir tenté de tuer un peuple tout entier produit un tel sursaut moral que le crime est devenu un crime contre l’humanité. Un mouvement semblable est encore à faire pour cette famine abominable, afin que les Ukrainiens soient reconnus comme peuple distinct vis-à-vis des Russes, afin qu’on cesse d’occulter le crime qui pollue les relations entre les peuples, afin qu’un tel crime ne soit plus possible. Chrétiennement parlant, c’est nécessaire pour le service de la vérité sinon aucune réconciliation et aucun pardon ne sont possibles. Cette réflexion vaut évidemment pour toutes les autres horreurs dont le 20ème siècle s’est rendu coupable et je crains que le 21ème en soit capable si justement ce travail de dénonciation n’est pas fait.

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