commemoration 75° ANNIVERSAIRE HOLODOMOR A LYON 24.11.07

Friday 7 December 2007.
 

Lyon HOLODOMOR :Ukraine 33. ( 24.11.07 )par A.BALALAS

Malgré la rigueur du froid, un nombre remarquable de personnes s’était déplacé, certaines de fort loin (Aix-en Provence, Paris), ce samedi 24 novembre à Lyon, au Mémorial (dèdié au génocide arménien et à tous les génocides) où avait lieu la commémoration du 75° Anniversaire de la Famine Génocide de 1932/33 en Ukraine, commémoration officielle décrétée par le président Victor Youtchenko. Dans une ambiance recueillie, en présence des élus locaux comme M. Y.Deschamps, adjoint au Maire de Lyon ‘ délégué aux Droits de l’Homme ), Jean Paul BRET le maire de Villeurbanne, du recteur de la paroisse ukrainienne de Lyon,du Consul Général de POLOGNE , des sénateurs Pascale CROZON , Gilbert CHABROUX et Muguette DINI ( vice Pte du Conseil Général du Rhône ), d Antoine ULRICH Président de l’Ordre National du Mérite de RHONE-ALPES et du Consul Honoraire d’UKRAINE, Mme Jacqueline BRAHIC., du directeur de l’Institut des Droits de l’Homme L.GEDEON La commémoration était présidée par son Excellence. M. Kostiantyn Tymoshenko, ambassadeur d’Ukraine en France. La parole fut prise successivement par M. Mykola Cuzin (Président du Comité UKRAINE 33 ) pour un historique éloquent des événements ayant conduit à cette célébration, et par M. Yves Deschamps qui saluait le courage des organisateurs et s’élevait contre tous les autres génocides, dus au totalitarisme dans son ensemble. Après le dépôt de gerbes par les personnalités présentes, exécution publique de la Marseillaise, et de l’hymne national ukrainien « Chtche ne vmerla Oukraïna ». Moment bien émouvant : un poème déclamé avec une conviction touchante qui faisait venir les larmes aux yeux des spectateurs, par Guenia Cuzin (PTE du Comité National de Commémoration du 75° Ann. du HOLODOMOR), et mimé par les danseuses de Myra PESSYK et le petit Artëm. Le chœur La Dulciane interprétait / le Requiem ukrainien, le. Tebe Poem de Bortniansky et le Stabat Mater de Kodaly. des passants intrigués, parmi lesquels plusieurs jeunes gens, s’approchaient pour suivre la cérémonie.

Cette cérémonie a été suivie à 16 heures au Centre d’Histoire et de la Résistance, , d’une conférence animée successivement par les Professeurs : Jacob Sundberg, Nikos Lygeros et Roman Serbyn, (qui a a pu voir certaines archives du Guépéou à Moscou..) Le modérateur était Daniel MEGUERDITCHIAN (Secrétaire Général du Collectif Reconnaissance) Après la minute de silence, devant une assistance fournie et studieuse, M. Sundberg détaillait les principes qui devaient selon lui servir à l’analyse de ce génocide rattachable soir à la politique de soviétisation soit à l’extermination raciale. Le professeur Nikos Lygeros dans une intervention très pertinente démontait le caractère subversif et le mécanisme des génocides modernes successifs (grec, arménien, ukrainiens, juif, tchétchène) et leurs trois opérations : culpabilisation des victimes, déclassement du caractère ethnique ou national, amélioration des résultats par les organisateurs : faire passer un génocide programmé pour une simple famine dont les responsables sont les victimes eux-mêmes par accaparation coupable, leur donner la honte (publicité donnée à l’anthropophagie). Le génocide n’est pas simplement le meurtre ou l’assassinat des individus par liquidation physique, il est aussi dans la déportation et la dénationalisation/ russification des populations en fuite qui perdent leur identité. Un génocide n’existe que reconnu comme tel. Le Professeur Roman Serbyn de l’Université du Québec - Montréal (Canada), un des meilleurs historien et spécialiste des famines et du génocide contre les Ukrainiens.( de langue française ) Le thème de son intervention était " le génocide de 1932-1933 contre les Ukrainiens: les documents soviétiques et la Convention de l’ONU » Les travaux du Professeur Roman Serbyn, fondés sur l’analyse de documents du Guépéou tout récemment déclassifiés, permettent de mieux concevoir le caractère génocidaire de la famine de 1932-1933. Ils soulignent notamment la pertinence des recherches et des conclusions du Professeur James Mace en les mettant en perspective tant avec l’article 2 de la convention de l’ONU qu’avec la définition du génocide dans le droit français aux termes de la loi nº 2004-800 du 6 août 2004. La clarté de l’exposé le ton calme et enjoué du professeur donnait à cette communication un caractère d’intérêt tout particulier. L’Ambassadeur d’Ukraine prenait brièvement la parole pour raconter comment jeune enfant il avait entendu parler par sa grand-mère de cet événement terrible, mais sans bien en mesurer la portée vu les circonstances. Il se réjouit de voir son pays avancer dans la voie de la démocratie par la connaissance et la libre parole. . Alain Balalas