Discours prononcé par M. Yvon Deschamps, maire-adjoint de Lyon, pour le 74e anniversaire du Holodomor

samedi 9 décembre 2006.
 

Discours prononcé par M. Yvon DESCHAMPS , Maire Adjoint de Gérard COLLOMB à LYON Le samedi 25 novembre 2006 à l’occasion du 74ème Anniversaire du Génocide Ukrainien

Monsieur Le Sénateur, Cher Gilbert CHABROUX,

Madame le Député

Monsieur Le Président d’Ukraine 33,

Mesdames et Messieurs les Représentants et Président d’associations,

Cher Jules MARDIROSSIAN,

Madame Le Consul,

Mesdames, Messieurs,

Chère Guènia,

Fin 2007, ainsi que vous l’avez signalé, Cher Nicolas CUZIN, Président d’Ukraine 33, se tiendra la Commémoration officielle du 75ème anniversaire du début de l’Holodomor, du Génocide ukrainien de 1932-1933.

Je voudrais, en cette année préparatoire, vous dire toute l’amitié de Gérard COLLOMB, Sénateur-Maire de Lyon, et Président depuis hier d’Euro-Cité, structure qui rassemble les grandes villes d’Europe.

L’amitié de la Ville de Lyon est acquise à ceux qui se battent pour que vive la mémoire, pour le devoir de Mémoire.

Nous ne sommes pas des nostalgiques qui nous bornerions à contempler le passé.

Parce que nous voulons que demain ne répète pas les erreurs d’hier, nous avons ce devoir de Mémoire pour dire ce qui fût, tenter de comprendre le « comment et le pourquoi » de ce qui fût, et tout faire pour éviter que l’Histoire ne se mette ou remette à bégayer.

C’est pourquoi nous avons, malgré quelques esprits chagrins, voulu aider nos amis arméniens à être les moteurs, les acteurs principaux, de l’érection de ce Mémorial dédié au Génocide arménien de 1915, mais aussi dédié à tous les génocides vécus au cours du XXème siècle, riche en progrès mais aussi marqué dramatiquement par tant de génocides et de massacres systématiquement perpétrés et organisés. ...

Vous les avez cités :

Cambodgien, juif, rwandais, tibétain, tzigane, ukrainien, ... et d’autres, sans doute, encore.

Tous ont révélé la folie de l’homme ; tous nous disent qu’il faut lutter pour que cela ne soit plus.

Et pourtant, en Tchétchénie, au Darfour, ici et là, la folie de l’homme laisse aujourd’hui encore des traces sanglantes.

Comment aujourd’hui ne pas dire, redire, crier ces chiffres abominables :

-   6 millions au moins d’Ukrainiens morts de faim ;

-   1, 5 million au moins d’Ukrainiens morts en déportation ;

-   500 000, au moins, Ukrainiens exécutés sommairement.

Sur ces 8 millions, près de 3 millions étaient des enfants ukrainiens.

Vous l’avez dit, mais il faut le répéter, au plus fort de cette sombre tempête, 17 paysans Ukrainiens mouraient chaque minute, 1 000 à chaque heure égrenée au clocher du village, 25 000 chaque jour.

Pour comparer les horreurs, si cela a un sens de comparer les horreurs, à Verdun, c’étaient 6 000 tués par jour que comptaient les Forces alliées.

Dans le même temps, la population incarcérée au Goulag passait de 200 000 personnes en 1927 à 4, 5 millions en 1933.

25 %, 1 habitant sur 4 de la population ukrainienne, fut victime de cette folie génocidaire organisée depuis Moscou par Staline.

Comment accepter qu’au nom du réalisme politique, on taise cette réalité ?

Au nom du Sénateur-Maire de Lyon, en mon nom personnel, merci de nous aider à nous souvenir pour que ceci ne soit plus.

Yvon DESCHAMPS